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Je dois vous avouer quelque chose.

Pendant des années, j’ai porté en moi une blessure. 

Une trahison. 

Le genre de coup de poignard dans le dos qui vous réveille la nuit, le cœur battant et les mâchoires serrées.

Et pendant des années, on m’a répété la même chose…

« Christian, tu dois pardonner. »

« Lâche prise. »

« Le pardon, c’est pour TOI, pas pour l’autre. »

Vous connaissez ce refrain, n’est-ce pas ?

On l’entend partout. 

Dans les livres de développement personnel… Dans les séminaires… Même dans certains cercles spirituels que je respecte profondément…

Pardonne. Pardonne. Pardonne.

Comme si c’était un bouton magique sur lequel il suffisait d’appuyer.

Comme si votre souffrance n’était qu’un caprice d’enfant qu’il fallait ranger dans un tiroir.

Mais voilà ce que personne n’ose vous dire…Et si cette injonction au pardon était, elle-même, une forme de violence ?

Le pardon : nouvelle religion du développement personnel ?

Aujourd’hui, le pardon est devenu presque… obligatoire.

Une case à cocher sur le chemin de l’éveil.

Un passage imposé. 

Non négociable.

Si vous n’y arrivez pas ? 

Eh bien, c’est que vous n’êtes « pas assez évolué ». 

Que votre ego vous tient encore. 

Que vous « choisissez » de rester dans la souffrance.

Avouez que c’est culpabilisant, non ?

Moi, ça m’a rendu fou pendant longtemps.

Car plus j’essayais de pardonner… plus je me sentais misérable.

Plus je forçais ce sentiment qui ne venait pas… plus je me sentais défaillant. 

Pas à la hauteur… Spirituellement « insuffisant ».

Et un jour, j’ai compris quelque chose de fondamental.

Quelque chose qui a tout changé.

En fait, je n’arrivais pas à pardonner… parce que je n’avais PAS à pardonner.

Ce que le « vrai » pardon n’est PAS

Laissez-moi être très clair avec vous.

Le pardon authentique existe. 

Il est beau. Il est puissant. 

Et quand il surgit naturellement du cœur, il peut véritablement libérer.

Mais ce qu’on nous vend aujourd’hui sous l’étiquette « pardon »…

C’est souvent tout autre chose.

C’est une performance.

Une posture.

Un masque qu’on enfile pour avoir l’air « spirituel » ou « guéri ».

Le Dr Susan Forward, psychothérapeute américaine et auteure du best-seller Parents toxiques, a passé 35 ans à étudier ce phénomène. 

Et voici ce qu’elle affirme :

« Dire à quelqu’un qu’il DOIT pardonner, c’est lui dire que sa colère est illégitime. C’est invalider sa souffrance. Et c’est prolonger son traumatisme. »

Relisez cette phrase lentement.

Prolonger son traumatisme.

Car oui, forcer le pardon avant d’être prêt – ou pire, quand ce pardon n’est tout simplement pas approprié – peut causer des dégâts considérables.

Une étude publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology en 2011 a démontré quelque chose de fascinant : les personnes qui « pardonnent » trop vite, sans avoir pleinement traité leur blessure, présentent des niveaux de stress et d’anxiété plus élevés que celles qui prennent le temps de reconnaître leur colère.

Et ce n’est pas le seul problème avec le pardon.

Il y a en réalité

3 mensonges toxiques sur le pardon

Permettez-moi de déconstruire avec vous trois croyances qui, je le crois sincèrement, ont fait beaucoup de dégâts : 

  • Mensonge N°1 : « Le pardon est la seule voie vers la guérison ». Faux. Il existe des dizaines de chemins vers la paix intérieure. Le pardon en est UN mais pas LE seul. Certaines personnes guérissent en posant des limites fermes… D’autres en coupant définitivement les ponts avec leur agresseur… D’autres encore en transformant leur douleur en engagement. La guérison n’a pas de formule unique. Et quiconque vous dit le contraire… ne respecte pas votre singularité

  • Mensonge N°2 : « Si vous ne pardonnez pas, vous restez prisonnier du passé ». Celui-là est particulièrement pervers car il retourne la responsabilité contre VOUS. Comme si c’était votre faute, votre « choix » de souffrir. Mais réfléchissez une seconde… Est-ce que refuser de pardonner un abus signifie forcément qu’on y pense 24h/24 ? Non. On peut très bien aller de l’avant, construire une belle vie, être heureux… Sans pardonner. Vous avez besoin de reconnaître la vérité, mais pas l’absolution de l’autre ; 

  • Mensonge N°3 : « Le pardon, c’est pour vous, pas pour l’autre ». Mais est-ce vraiment le cas ? Quand on vous demande de pardonner quelqu’un qui ne s’est jamais excusé… Qui n’a jamais reconnu le mal qu’il vous a fait… Qui continue peut-être même à vous nuire… À qui profite vraiment ce « pardon » ? Soyons honnêtes. Souvent, l’injonction au pardon arrange surtout… ceux qui ne veulent pas voir le conflit… Ceux que votre colère dérange… Ceux qui préfèrent que vous vous taisiez gentiment… Et ce n’est PAS de la spiritualité. C’est du déni collectif.

Mais,

Que faire si vous n’arrivez pas à pardonner ?

D’abord, respirez.

Vous n’êtes pas défaillant.

Vous n’êtes pas « moins éveillé » que les autres.

Vous êtes simplement humain.

Donc au lieu de vous forcer à pardonner… Essayez ceci :

1. Reconnaissez ce qui s’est passé sans minimiser, sans excuser et sans chercher à comprendre « les raisons de l’autre ». Ce qui vous est arrivé vous est arrivé. Point. Votre douleur est légitime. Votre colère est légitime. Vos larmes sont légitimes. Personne n’a le droit de vous dire comment vous devriez vous sentir ; 

2. Honorez votre blessure. Cette partie de vous qui a été touchée mérite votre attention. Pas votre jugement. Imaginez que c’est un enfant intérieur, blessé, qui attend simplement d’être vu, entendu et consolé. Pas qu’on lui dise de « passer à autre chose » ;

3. Posez vos limites. Parfois, la vraie guérison ne passe pas par le pardon… Mais par la protection. Protéger votre énergie, votre paix et votre espace sacré. Cela peut signifier couper les ponts, dire non, refuser certaines situations ou certaines personnes. Et c’est OK. C’est même parfaitement sain ; 4. Visez la libération, pas le pardon. En fait, l’objectif n’est pas de pardonner. L’objectif est de se libérer. Et ce sont deux choses très différentes. Se libérer, c’est choisir de ne plus laisser cette personne ou cet événement contrôler votre vie. C’est reprendre votre pouvoir. C’est décider que vous méritez la paix, indépendamment de ce que l’autre a fait ou n’a pas fait. Et cette libération peut arriver… avec ou sans pardon.

Alors si quelqu’un vous a fait du mal…

Si vous portez une blessure qui refuse de cicatriser…

Si on vous répète sans cesse que vous « devriez » pardonner, et que cette injonction vous fait vous sentir encore plus mal…

Sachez ceci : votre incapacité à pardonner n’est pas un échec.

C’est peut-être même votre sagesse intérieure qui vous protège.

Qui vous dit : « Pas maintenant. Pas comme ça. Peut-être jamais. Et c’est OK. »

Écoutez cette voix.

Elle sait des choses que votre mental ignore.

Car au fond, la vraie spiritualité n’est pas de suivre des règles imposées par d’autres.

C’est d’honorer votre propre chemin.

Votre propre vérité.

Votre propre cœur.

Et si votre cœur vous dit qu’il n’est pas prêt à pardonner…

Peut-être qu’il sait exactement ce qu’il fait.

Spirituellement vôtre,


PS : Si ce message a résonné en vous, j’aimerais vraiment le savoir. Vous pouvez me partager votre ressenti, vos propres expériences avec cette injonction au pardon, en laissant un commentaire.

Votre témoignage pourrait aider d’autres Esprits Éveillés à se sentir moins seuls dans ce combat silencieux.

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