Je vais vous avouer quelque chose qui me pèse depuis longtemps.
Quelque chose que j’aurais dû vous dire bien plus tôt…
Mais que je n’osais pas formuler.
Par peur de vous blesser, peut-être… Ou de remettre en question des années de croyances bien ancrées.
Pourtant, aujourd’hui, je ne peux plus me taire.
Car ce que je m’apprête à vous révéler pourrait bien changer toute votre approche de la spiritualité.
Alors, voilà…
Vous méditez…
Peut-être 10 minutes. Peut-être 30. Peut-être même une heure chaque matin, avant que le soleil ne se lève.
Vous lisez.
Des livres sur le développement personnel. Sur la pleine conscience. Sur l’éveil. Votre bibliothèque déborde de titres prometteurs aux couvertures colorées.
Vous travaillez sur vous.
Vous avez suivi des stages. Des formations. Des retraites. Vous connaissez vos chakras par cœur. Vous savez ce qu’est la loi de l’attraction. Vous pourriez réciter les quatre accords toltèques dans votre sommeil.
Et pourtant…
Rien ne change vraiment.
Oh, bien sûr, il y a des moments de grâce. Ces instants fugaces où vous vous sentez connecté, aligné, en paix.
Mais ils ne durent jamais.
Le lendemain matin, la même anxiété vous attend au réveil… Les mêmes schémas se répètent… Les mêmes peurs vous paralysent.
Et cette petite voix, au fond de vous, qui murmure sans cesse… « Qu’est-ce qui cloche chez moi ? »
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez une chose…
Vous n’êtes pas seul.
Et surtout : ce n’est pas de votre faute.
Car voyez-vous, il existe un phénomène dont personne ne parle dans le monde du bien-être.
Un phénomène que j’appelle
Le syndrome du « collectionneur spirituel »
C’est cette tendance — presque inconsciente — à accumuler les pratiques, les connaissances, les techniques… sans jamais les intégrer véritablement.
Comme si empiler les livres sur votre table de nuit allait, par magie, transformer votre vie.
Comme si multiplier les méditations guidées allait automatiquement dissoudre vos blocages.
Comme si savoir était synonyme de vivre.
Mais voilà la vérité crue que j’aurais aimé qu’on me dise il y a 15 ans…
Consommer de la spiritualité n’a RIEN à voir avec la vivre.
Et cette distinction change absolument tout.
La différence entre « savoir » et « incarner »
Laissez-moi vous raconter une histoire.
Il y a quelques années, j’ai rencontré une femme lors d’une conférence sur la méditation de pleine conscience.
Appelons-la Sophie.
Sophie avait tout lu. Eckhart Tolle, Thich Nhat Hanh, Deepak Chopra, Don Miguel Ruiz… Elle pouvait vous expliquer pendant des heures les subtilités du « moment présent » et les dangers de l’ego.
Elle méditait religieusement, deux fois par jour sans exception, depuis sept ans.
Et pourtant…
Quand je lui ai demandé comment elle allait vraiment, ses yeux se sont embués.
« Je ne comprends pas, Christian. Je fais tout ce qu’il faut. Je médite. Je lis. Je vais à des stages. Mais au fond… je me sens toujours aussi perdue. Toujours aussi anxieuse. Comme si quelque chose m’échappait. »
Ce soir-là, nous avons parlé pendant trois heures.
Et j’ai compris quelque chose d’essentiel.
Sophie ne manquait pas de connaissances.
Elle manquait d’incarnation.
Elle avait accumulé des concepts magnifiques dans sa tête. Mais ils n’avaient jamais descendu dans son cœur, dans son corps, dans sa vie quotidienne.
Elle savait tout sur le lâcher-prise.
Mais elle ne lâchait rien.
Elle comprenait intellectuellement le pardon.
Mais elle n’avait jamais pardonné — ni à elle-même, ni aux autres.
Elle connaissait la théorie de l’amour inconditionnel.
Mais elle continuait à se juger sans pitié, jour après jour.
Ce que Sophie vivait porte un nom.
Le piège de l’intellectualisation spirituelle
Les psychologues l’appellent « l’intellectualisation spirituelle » ou parfois le « spiritual bypassing » — un terme inventé par le psychothérapeute John Welwood dans les années 80. [1]
C’est cette tendance à utiliser les concepts spirituels pour éviter de faire face à nos blessures émotionnelles profondes.
Plutôt que de ressentir notre colère, on se dit qu’il faut « lâcher prise ».
Plutôt que de traverser notre tristesse, on se répète que « tout est parfait comme c’est ».
Plutôt que d’affronter nos peurs, on médite pour « s’élever au-dessus ».
Et pendant ce temps…
Les émotions non traitées s’accumulent.
Comme des couches de sédiments au fond d’un lac.
En surface, tout semble calme.
Paisible, même.
Mais en dessous ? C’est le chaos.
Et un jour ou l’autre, le lac déborde.
Une étude fascinante publiée dans le Journal of Clinical Psychology en 2019 a d’ailleurs démontré que les personnes qui utilisent la méditation comme mécanisme d’évitement présentent des niveaux d’anxiété plus élevés que celles qui ne méditent pas du tout. [2]
Vous avez bien lu.
Plus élevés.
Pas parce que la méditation est mauvaise.
Elle est merveilleuse quand elle est pratiquée correctement.
Mais parce que l’outil n’est pas le problème.
C’est la façon dont on l’utilise.
Alors, comment savoir si vous êtes tombé dans ce piège ?
Les 3 signes que vous « consommez » au lieu de « vivre »
Voici trois signes qui ne trompent pas…
- Signe n°1 : vous accumulez sans appliquer. Vous avez lu 47 livres de développement personnel cette année. Mais si je vous demandais : « Quel changement concret avez-vous mis en place suite à l’un de ces livres ? »… Vous seriez bien embêté de répondre. Chaque nouveau livre vous donne un petit shoot de dopamine. Cette sensation excitante de découvrir une nouvelle méthode, une nouvelle approche. Une nouvelle promesse. Mais une fois le livre terminé… Vous passez au suivant. Sans avoir rien changé ;
- Signe n°2 : vous fuyez l’inconfort. Dès qu’une émotion désagréable surgit — colère, tristesse, honte, peur — votre premier réflexe est de chercher une « solution spirituelle ». Méditer pour « calmer » l’émotion. Réciter une affirmation pour la « transformer ». Lire un chapitre inspirant pour « s’élever » au-dessus. Mais regarder cette émotion en face ? La sentir pleinement dans votre corps ? L’accueillir sans chercher à la changer ? Ça, c’est beaucoup plus rare ;
- Signe n°3 : Votre pratique est devenue une obligation. Vous méditez par habitude, par devoir, parfois même par culpabilité. Si vous manquez une séance, vous vous sentez mal. Votre pratique n’est plus une source de joie. C’est devenue une case à cocher sur votre liste de « bonne personne spirituelle ». Un fardeau plutôt qu’une libération…
Maintenant, parlons de ce qui se passe réellement sous la surface.
Car si vous pratiquez depuis des mois — voire des années — sans voir de changement profond…
Ce n’est pas que vous n’essayez pas assez fort…
Ce n’est pas que vous n’êtes « pas fait » pour la spiritualité…
Ce n’est pas que vous manquez de discipline ou de volonté…
Non.
C’est que quelque chose de fondamental est resté verrouillé à l’intérieur de vous.
Et tant que cette porte reste fermée…
Vous pouvez méditer 10 heures par jour.
Vous pouvez lire toute la bibliothèque ésotérique de France.
Vous pouvez enchaîner les retraites silencieuses et les cérémonies chamaniques.
Rien ne bougera en profondeur.
Alors, qu’est-ce qui bloque ?
D’après mon expérience — et les recherches en psychologie transpersonnelle — il y a généralement trois verrous principaux :
Verrou n°1 : les émotions non digérées
Vous portez en vous des émotions qui n’ont jamais été pleinement vécues.
Cette colère d’enfant qu’on vous a interdit d’exprimer.
Cette tristesse que vous avez ravalée pour « être fort ».
Cette honte qui s’est incrustée sans que vous compreniez pourquoi.
Ces émotions ne disparaissent pas avec le temps.
Elles s’enkystent.
Elles s’incrustent dans votre corps, dans vos tensions, dans vos schémas de pensée…
Et elles filtrent tout ce que vous vivez.
Y compris vos pratiques spirituelles.
Le Dr Bessel van der Kolk, psychiatre et chercheur mondialement reconnu, l’a démontré dans son ouvrage révolutionnaire « Le corps n’oublie rien » : les traumatismes émotionnels se logent dans le corps et ne peuvent être libérés par la seule pensée. [3]
La méditation peut calmer temporairement la surface.
Mais les profondeurs restent agitées.
Verrou n°2 : l’identité protectrice
Vous avez construit, au fil des années, une « identité » pour vous protéger.
Un rôle que vous jouez ou un masque que vous portez.
C’est peut-être l’identité du « gentil » — celui qui dit toujours oui, qui ne fait jamais de vagues.
Ou l’identité du « fort » — celui qui n’a besoin de personne, qui ne montre jamais sa vulnérabilité.
Ou encore, c’est l’identité du « spirituel » — celui qui a transcendé les problèmes ordinaires, qui vit sur un plan supérieur.
Cette identité vous a protégé.
Elle a joué son rôle.
Mais aujourd’hui, elle vous emprisonne.
Car la transformation spirituelle authentique exige de lâcher ces masques.
De se montrer vulnérable.
De redevenir, d’une certaine façon, un débutant.
Et c’est terrifiant pour l’ego.
Verrou n°3 : la peur du vide
C’est peut-être le verrou le plus profond.
Car derrière tous vos efforts spirituels se cache parfois une peur inavouée…
La peur de ce que vous trouverez si vous vous arrêtiez vraiment.
La peur du silence intérieur…
La peur du vide…
Alors vous remplissez.
Vous accumulez les pratiques, les lectures, les stages.
Vous vous gardez occupé spirituellement.
Pour ne jamais avoir à faire face à ce grand espace inconnu au centre de votre être.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose en vous sait.
Sait qu’il est temps de faire les choses différemment…
Sait que l’accumulation ne mène nulle part…
Sait qu’il existe une autre façon de vivre la spiritualité…
Alors, comment passer de « consommateur » à « vivant » ?
Voici quelques pistes qui ont transformé la de nombreuses personnes :
- Piste n°1 : moins mais mieux. Choisissez une pratique. Une seule. Et engagez-vous à la vivre pleinement pendant au moins 90 jours. Pas de nouveau livre. Pas de nouvelle technique. Pas de nouvelle méthode miracle. Juste cette pratique-là. Approfondie. Incarnée. Vécue. Comme le disait le maître zen Shunryu Suzuki : « Dans l’esprit du débutant, il y a de nombreuses possibilités. Dans l’esprit de l’expert, il y en a peu. » [4] Redevenez un débutant ;
- Piste n°2 : accueillez l’inconfort. La prochaine fois qu’une émotion désagréable surgit… Ne méditez pas pour la faire partir. Ne lisez pas un livre pour la « comprendre ». Ne cherchez pas à la « transformer ». Asseyez-vous avec elle. Sentez-la dans votre corps. Où est-elle ? Quelle forme a-t-elle ? Quelle texture ? Restez présent. Sans rien faire. C’est inconfortable. Parfois même douloureux. Mais c’est là — et seulement là — que la vraie guérison se produit ;
- Piste n°3 : passez à l’action (même petite). Après chaque enseignement reçu — que ce soit un livre, un podcast ou cette lettre — posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je vais faire CONCRÈTEMENT dans les 24 prochaines heures ? » Pas dans une semaine. Pas « un jour ». Dans les 24 heures. Une action. Même minuscule. Car l’intégration passe par le corps. Par l’action. Par la vie réelle. Pas par la tête.
Cher Esprit Éveillé,
Je sais que ce message n’est pas facile à recevoir.
Il remet peut-être en question des années de pratiques. Des habitudes confortables. Des croyances rassurantes.
Mais si vous êtes encore en train de lire ces lignes…
C’est que votre âme a soif de vérité.
Et la vérité, la voici :
Le « travail sur soi » n’est pas une fin en soi.
Ce n’est pas une médaille à collectionner.
Ce n’est pas une case à cocher.
Ce n’est pas un titre à porter.
Le vrai travail sur soi, c’est simplement vivre.
Vivre pleinement.
Avec vos ombres et vos lumières.
Avec vos peurs et vos élans.
Avec votre humanité fragile et votre divinité infinie.
C’est ça, l’éveil.
Pas une destination lointaine.
Pas un état permanent à atteindre.
Juste… cet instant.
Maintenant.
Je vous laisse avec cette question :
Qu’allez-vous VIVRE différemment dès aujourd’hui ?
Pas lire. Pas comprendre. Pas méditer dessus.
Vivre.
Si le cœur vous en dit, partagez votre réponse en commentaire.
J’ai hâte de vous lire.
Spirituellement vôtre,
PS : Si cette lettre a résonné en vous, ne la gardez pas pour vous. Transférez-la à cette personne dans votre entourage qui accumule les livres, les stages et les pratiques… mais qui semble toujours chercher quelque chose. Peut-être que ces mots sont exactement ce dont elle a besoin aujourd’hui.
Sources :
[1] Welwood, J. (1984). “Principles of inner work: Psychological and spiritual.” Journal of Transpersonal Psychology, 16(1), 63-73. [2] Lindahl, J. R., et al. (2017). “The varieties of contemplative experience: A mixed-methods study of meditation-related challenges in Western Buddhists.” PLOS ONE, 12(5). [3] Van der Kolk, B. (2014). The Body Keeps the Score: Brain, Mind, and Body in the Healing of Trauma. Viking Press.[4] Suzuki, S. (1970). Zen Mind, Beginner’s Mind. Weatherhill.

